6 Belges sur 10 favorables à l’obligation du port du casque vélo pour les enfants

Chaque année, plus de 700 enfants sont impliqués dans un accident de vélo

Selon une nouvelle enquête de l’IBSR, 60% des Belges sont favorables à l’obligation du port du casque pour les jeunes cyclistes. En Wallonie, ils sont même 74% à soutenir cette mesure. Dans exactement un mois, le casque deviendra obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans en France. Une étude de l’IBSR montre le bien-fondé d’une telle mesure: plus d’un enfant sur 2 hospitalisé à la suite d’un accident de vélo est touché à la tête !

Large adhésion sociale en faveur du casque pour les enfants

Selon une nouvelle enquête de l’IBSR auprès d’un échantillon représentatif de la population, 6 Belges sur 10 sont en faveur d’une obligation du port du casque pour les jeunes de moins de 14 ans. Les Wallons (74%) et les Bruxellois (68%) sont toutefois davantage favorables à une telle obligation que les Flamands (50%). Cette enquête a aussi montré que la moitié des personnes interrogées soutiennent une obligation généralisée du casque pour tous les cyclistes. Là encore, les Wallons (67%) et les Bruxellois (61%) sont davantage favorables à une telle obligation que les Flamands (40%).

Une cinquantaine de tués et blessés graves

Chaque année, au moins 700 enfants de moins de 14 ans sont impliqués dans un accident de la circulation en tant que cyclistes, dont une cinquantaine sont tués ou gravement blessés[1]. On ne sait rien à propos du port ou non du casque par les jeunes cyclistes impliqués dans ces accidents. Néanmoins, l’imposer aux enfants semble logique pour 5 raisons majeures.

1) Un risque deux fois plus important

Pour les jeunes cyclistes, le risque de blessures graves ou mortelles est le plus important entre 6 à 14 ans. A cet âge, ils courent quasiment 2 fois plus de risque qu’entre 15 et 17 ans et 2,5 fois plus de risques qu’entre 18 et 24 ans, par exemple.

2) La tête touchée dans un accident sur 2

Une étude réalisée par l’IBSR dans les hôpitaux montre que pour un tiers des cyclistes hospitalisés (32%), le diagnostic principal concerne une lésion à la tête ou au cerveau. Pour ce qui est des enfants de 0 à 14 ans, il s’agit de plus d’un cas sur 2 (53%) !       

3) Le casque réduit le risque de blessure à la tête de 70%

Le port du casque réduit de 70% le risque de blessure à la tête. Il est d’autant plus important pour les enfants qu’à cet âge-là, une telle blessure peut s’avérer plus grave que pour un adulte.

4) Pas d’effet dissuasif pour la pratique du vélo

Un argument souvent évoqué par les associations contre l’obligation du port du casque est le fait qu’elle risque de décourager la pratique du vélo. Pourtant, aucune étude fiable ne montre que l’imposition du casque pour les enfants a des effets dissuasifs à long terme sur la pratique du vélo. A Bruxelles, les comptages repris dans l’Observatoire du vélo montrent que 7 enfants sur 10 portent déjà le casque, alors que la pratique du vélo est en plein essor depuis des années.

5) Seul impliqué dans 90% des cas

Si le casque présente un intérêt parfois limité en cas de collision entre un cycliste et un véhicule motorisé, il est le plus efficace en cas de chute. Or une étude de l’IBSR montre que 90% des cyclistes admis aux urgences des hôpitaux sont impliqués dans un accident où ils sont seuls impliqués.

Une mesure déjà adoptée un peu partout

Preuve du bien-fondé de cette mesure, le port du casque vélo est obligatoire pour tous en Finlande et en Espagne hors agglomération. 12 pays membres de l’UE l’ont par ailleurs imposé pour les enfants :
- de moins de 10 ans : Malte
- de moins de 12 ans : Lettonie, Autriche
- de moins de 15 ans : Slovaquie, Slovénie, Suède, Islande
- de moins de 16 ans : Espagne, Croatie, Estonie
- de moins de 18 ans : Lituanie, Tchéquie

La France adoptera la mesure à partir du 22 mars prochain.

Aux Pays-Bas, la Fondation néerlandaise pour l'étude scientifique de la sécurité routière (SWOV) estime que l’obligation du casque pour les enfants pourrait sauver 5 vies chaque année et éviter 140 blessés graves.

Conclusion

D'un point de vue scientifique, il existe un consensus à propos de l'efficacité du casque dans la prévention des lésions à la tête et au cerveau. Etant donné le risque élevé que courent les cyclistes dans le trafic, l'IBSR recommande fortement son utilisation systématique par tous les deux-roues. Mais pour les enfants jusqu'à 14 ans, l'IBSR plaide plutôt pour une obligation. En effet, avant cet âge, ils doivent apprendre à appréhender les dangers de la circulation tout en gardant la maîtrise constante de leur vélo et sont davantage susceptibles de tomber. L’introduction d’une telle mesure doit évidemment s’accompagner d’autres mesures: amélioration constante de l’infrastructure dévolue aux cyclistes, campagnes de sensibilisation à l’égard des automobilistes pour ce qui est du respect des usager faibles et à l’égard des cyclistes pour le respect des règles du code de la route et l’importance d’un vélo en bon état, augmentation des contrôles, etc.

L’IBSR dispose d’un laboratoire dans lequel les casques vélo pour enfants sont testés. Pour voir l’impact d’un choc à 20 km/h sur un casque, il suffit de cliquer sur https://youtu.be/aR-cIq-ewtM .

Personne de contact :
Benoit Godart, porte-parole IBSR: 02/244.15.34 ou 0476/24.67.20

[1] Il s’agit d’une sous-estimation de la réalité: une étude de l’IBSR montre que 80 % des accidents graves impliquant un cycliste ne sont pas enregistrés.

 

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